13 juillet 2026

Les oies au verger, une envie de pâturage tournant dynamique

Cette année, le verger a de nouveaux habitants. J’ai eu envie d’apprendre à élever des oies. L’animal ayant un bol alimentaire constitué essentiellement d’herbe me semblait une très bonne idée. J’aimerais idéalement adopter de plus grands animaux, vaches rustiques et mules ou ânes sont dans mes envies, mais je ne me sens pas prête.

Les adoptions

J’ai eu la possibilité de faire couver des œufs d’oies (merciiiii). Trois sont né.e.s, deux ont survécu, Méli et Mélo, puis une est toujours là : Méli. C’est avec elle que j’ai greffé l’été dernier, elle me suivait partout. Elle a été rejointe par Méla, issue de la même famille, née sur le tard de la saison, plus facile que d’être intégrée à un grand groupe, elle est venue élargir les rangs (Merciii bis). J’ai ensuite adopté un jars et une oie d’une autre race. L’année 2025 s’est terminée ainsi avec la petite troupe qui m’a bien tondu mon vieux verger cet hiver.

J’ai eu l’opportunité d’adopter un groupe de moitié/moitié oies-jars en début d’année (Merciii bis). Gros challenge pour moi. Fini la semi-liberté : ouverture soir et matin, agressivité dans le groupe, déplumages, documentation… J’ai utilisé les filets de 50 m pour ovins avec un électrifieur. Après une ou deux fugues, elles les ont respectés. Faisant tourner régulièrement le parc (et déplaçant les abris), elles ont de l’herbe fraîche jusqu’à l’été 2026 qu’on connaît.

Pourquoi des oies au verger

Sachant que l’animal broute beaucoup pour sa ration alimentaire, ça me semblait moins impressionnant que des animaux à quatre pattes. L’oie m’attire, j’aime bien l’animal. À la fois imposant et choucou, avec son caractère et ses vocalises. J’ai eu l’opportunité d’en adopter, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour me décider. À mener et déplacer, ça semblait simple et je pouvais utiliser mon matériel ovin pour les parquer.

Le pâturage tournant dynamique

L’idée : diviser le verger en parcelles et faire tourner le troupeau régulièrement plutôt que de le laisser en pâturage continu, pour améliorer la fertilité et offrir le meilleur aux animaux.

J’avais envie de ce pâturage, j’ai un soutien au désherbage, une présence fort agréable et… j’apprends…

L’oie n’explore pas du tout son espace (en tout cas chez moi). Les parcs sont assez petits, mais elles restent près de l’eau jusqu’à ne plus avoir qu’une terre pleine de fientes et une herbe verte à côté. Même avec ce petit nombre d’oies, ça reste une petite quantité d’herbe broutée.

D’un point de vue “faire tourner le pâturage”, j’ai rencontré quelques difficultés :

  • manier les filets et les défaire-refaire dans un temps raisonnable, c’est un challenge et un apprentissage
    • amélioration : le faire encore et encore ;)
  • les oies au printemps font des nids… pondent et couvent. Les nids ont été faits au sol, j’ai couvert avec des abris. Ils ne se déplaçaient pas.
    • amélioration : bricoler un système de nid déplaçable
  • je pensais devoir absolument leur mettre des abris ; les déplacer me demande une mécanisation pour l’instant
    • amélioration : faire un abri “brouette” sur roues
  • l’oie a besoin de se baigner et d’avoir de l’eau régulièrement. Ça demande une présence quasi continue et des tuyaux avec robinet et point d’eau dans les pâturages.
    • À déplacer, ça demande réflexion et un peu de temps.

Dans son comportement, l’oie est assez casanière, elle n’aime pas trop bouger on dirait, même quand j’ouvre le parc pour les laisser se promener, rentrer est facile avec quelques fruits ou un seau de blé. À la première canicule, les faire changer vraiment d’espace a demandé du temps et deux personnes avec des “baguettes” pour les mener. Ça pourrait être tout un apprentissage ici aussi pour elles et moi.

Ce que je mets en place

Aujourd’hui, les oies se sont remplumées. J’ai arrêté de les contraindre à “se rentrer”. L’abri ne les suit pas en été, elles ont des arbres pour se mettre à l’abri, je devrai m’occuper de l’abri pour l’automne et l’hiver. J’ai plusieurs mini piscines que je remplis une à deux fois par jour, par gravité (je remplis mes cubes d’eau de temps en temps par une pompe qui puise dans l’environnement naturel). Il y a eu 4 naissances. Je les ai malheureusement tous perdu.e.s par une erreur de ma part, c’est rude… Je tourne parc, électrifieur et eau le plus régulièrement possible. En ce moment, je les laisse sous les arbres avec option de sortie et déplacement autour d’une partie du parc.

Ce que j’ai appris

À leurs dépens parfois…

Forcer les oies-jars à se rentrer le soir n’est peut-être pas une bonne idée. À priori, la clôture électrique suffit à repousser la faune sauvage et je n’ai pas remarqué de pertes dues aux rapaces.

Penser à placer un parc “central” avant la confection des nids, pour déplacer une extension pour l’herbe fraîche au printemps.

Les oisons ne sont pas protégés du froid et de l’humidité tant qu’ils ont leur duvet. Ils sont probablement morts suite à la période de froid-pluie qui les a fragilisés.

Les oies semblent relativement résistantes au chaud. J’ai vraiment flippé à la première canicule en mai et les ai déplacées sous de plus grands arbres. Aujourd’hui (pendant cet été de sécheresse) elles restent sous le verger de 5 ans, avec eau à volonté et supplément de nourriture. Elles sont toutes belles.

En plein champ, les canards ne tiennent pas - de par la prédation chez moi. Ils sont maintenant sous volière déplaçable, plus clôture électrique autour.

Les canetons peuvent se noyer si on ne pense pas à leur mettre une sortie de cailloux à disposition…

Les canards sont prédatés dans le champ, sous clôture électrique, pas les oies.

Ce n’est pas une section agréable à écrire, mais si ça peut servir à quelqu’un.e de passage, tant mieux.

Le reste de la basse-cour

J’ai adopté des poules dès que je suis arrivée dans cette maison. Ça fait maintenant quelques années et je trouve ça merveilleux. Le système est fait pour qu’elles tiennent 1 semaine si j’ai besoin de m’éloigner du poulailler. Ça demande fermeture automatique de la porte, eau fraîche et graines (mix blé et autres). Elles me compostent quantité de déchets verts et m’offrent mon petit déj de tous les jours et des crêpes et omelettes pour toute la famille.

J’ai lâché plusieurs années de suite les poules dans la pépinière à la fin de l’année, elles grattent et grignotent ce qu’elles trouvent. C’est super sous les arbres et pendant cette période je n’ai pas trop d’étiquettes au champ qui risquent d’être piquées.

J’ai adopté quelques canards (barbarie et coureurs) en début d’année. La cane barbarie a couvé de manière hyper appliquée une quantité dingue d’œufs. 10 sont nés, 8 sont toujours là. J’ai malheureusement très peu de coureurs indiens nés, je ne sais pas encore comment accompagner cette portée. Les œufs de cane sont aussi absolument délicieux. Leur régime est beaucoup moins intéressant pour la pépinière.

Pour les poules et les canards, j’ai un problème majeur qui est bien complexe à gérer, c’est la prédation. J’ai ajouté une clôture électrique autour des poules et j’ai l’impression (enfin) que ça tient. À voir à l’automne-printemps prochain si ça se confirme. Je n’ai pas prévu d’adopter un chien. Le poulailler est très proche de la maison. J’ai déjà pris en photo un renard à moins de 10 m des murs en pleine journée. La prédation se passe aussi par les airs. Certains canards sont partis. Sans rentrer dans les détails, je suis quasi certaine que ce n’était pas par la terre…

Conclusion

Un long roman pour vous parler de ma vie d’humaine qui essaye de s’entourer d’animaux domestiques pour produire un peu de nourriture et remplir des fonctions et services à la pépinière (fertilité, désherbage, présence).

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